Fantasy Roman

Sword Art Online 001 : Aincrad – Reki Kawahara et Abec

1 mai 2016

Il y a quelques mois, je découvrais l’anime Sword Art Online (SAO pour les intimes) et, intriguée par l’histoire, je regardais d’une traite toute la saison 1 (Arc 1 : Aincrad). Malgré quelques faiblesses et certaines ellipses aussi expédiées que ton DM de maths en 3ème B dans le bus du matin (toi même tu sais), j’ai globalement beaucoup apprécié l’univers et les personnages. En me renseignant, je me suis aperçue que l’anime était en fait adapté d’une série de Light Novel (livres japonais illustrés destinés à un public jeune adulte, plutôt courts et rapides à lire) et qu’il existait également un manga. Comme ces variations de supports m’intéressent (une même histoire en dessin animé, en roman et manga, quelles sont les différences ?), j’ai pensé vous faire une vidéo sur le sujet et j’ai contacté les éditions Ofelbe qui ont très gentiment accepté de m’envoyer les deux premiers tomes de SAO : Aincrad et Fairy Dance. J’ai terminé le premier volet avant hier et le moins que je puisse dire, c’est que j’ai énormément aimé !

L’histoire commence en 2022, au Japon, où il est enfin possible de s’immerger à 100% dans un jeu vidéo grâce à un casque de réalité virtuelle : le NeverGear. Dernière nouveauté de cette plateforme, Sword Art Online est un MMORPG (Massively Multiplayer Online Role-Playing Game) de type fantasy qui attire dès sa sortie officielle des millions de joueurs : il faut dire que ça doit être sympa de pouvoir entrer dans une guilde, de combattre des dragons et de parcourir des donjons à la recherches d’items « comme si on y était ». Seulement voilà : le jour de la sortie du jeu, les joueurs se rendent compte qu’ils ne peuvent plus se déconnecter. Pire encore, le Maître du Jeu leur apprend qu’une mort dans SAO équivaut désormais… à une mort réelle et que pour sortir, ils doivent atteindre le centième étage de l’Aincrad, la forteresse du jeu, en combattant le boss de chaque niveau. Ambiance. Si certains joueurs décident de prendre le moins de risques possibles, d’autres décident au contraire de se battre. Parmi ceux là, nous allons suivre Kirito, plus connu sous le nom « L’épéiste noir », et Asuna, partenaire de Kirito et combattante hors-pair (surnommée « L’Éclair »), qui vont entreprendre une lutte sans merci pour leur survie, afin d’espérer revoir le monde réel un jour…

Le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense à ce livre, c’est « prenant ». Pour avoir vu la saison 1 de l’anime deux fois, je peux vous dire que je connais l’histoire et ses rebondissements par coeur, et pourtant j’ai été happée pendant toute ma lecture (malgré quelques longueurs ça et là). Ça m’a très agréablement surprise, parce que je pensais m’ennuyer un peu et en fait pas du tout ! C’est un livre avec beaucoup d’action, qui ne laisse pas beaucoup le temps de souffler à ses lecteurs, et c’est un des aspects de ce light novel qui m’a plu. J’ai également bien aimé le style d’écriture de l’auteur. C’est fluide, rythmé, et il y a un bon équilibre entre dialogues et scènes d’actions. Kirito est un personnage qui me plait depuis le début de l’anime : c’est un héros comme je les aime, qui a pas mal de défauts et qui est somme toute très humain. Si on a tendance, pendant les scènes de combat, à oublier qu’il est censé avoir 17 ans, les passages plus calmes et sa relation avec Asuna nous le rappelle régulièrement. Le duo qu’il forme avec cette dernière est d’ailleurs assez intéressant et sa dynamique marche bien. Asuna est une joueuse forte, qui a su se faire un nom et une place dans le jeu très rapidement, une vraie combattante courageuse et attachante. Mon seul regret, c’est qu’elle est présentée très tôt comme un « love interest », c’est à dire que son personnage existe en grande partie à travers l’amour que lui porte Kirito, et pas en tant que personnage féminin à part entière. Néanmoins, même quand ils sont à deux, elle garde son caractère et reste une joueuse accomplie, donc je suis un peu mitigée de ce côté-là. Les autres personnages ont des passages trop courts pour que je puisse réellement en parler, mais il y a un aspect qu’on retrouve chez chacun d’entre eux qui m’a plu : le fait que leur avatar dans SAO soit à l’opposé de leur caractère dans la réalité et qu’ils se servent du jeu comme d’un échappatoire, une manière d’être une autre personne. Cela permet de mettre en avant leur côté « humain » et cela les rend touchants.

Ceux qui ont vu l’anime remarqueront plusieurs éléments. D’une part, c’est extrêmement fidèle au light novel d’origine, même si l’anime contient une histoire inédite très sympa sur deux épisodes, ce qui mérite d’être souligné. De l’autre, le light novel est divisé en deux parties (deux tomes en fait) : une partie qui se concentre sur l’histoire principale (la lutte de Kirito et Asuna pour atteindre le dernier pallier du jeu) et une autre qui consiste en un recueil de plusieurs petites histoires qui arrivent à Kirito (diverses quêtes, ses rencontres avec d’autres joueurs, etc.). Dans l’anime, tout est mélangé pour correspondre à la chronologie de l’histoire et j’avais trouvé ça un peu brouillon : les quêtes annexes permettent de mieux comprendre l’évolution de Kirito et ce pourquoi il se bat, mais c’est moins évident que dans le livre, et chaque histoire vient entraver la quête principale sans que cela aie trouvé un réel intérêt à mes yeux. Sur ce point, je trouve le light novel plus intéressant.

Bon point en plus pour le roman : on se place dans la tête de Kirito, ce qui permet de ressentir un paquet d’émotions et de s’immerger réellement dans l’univers de SAO, ce qui manque cruellement à l’anime, qui a tendance à nous exclure un peu des sensations des personnages. Or, on évolue tout de même dans un univers qui regorge de dangers mais aussi de merveilles : on devrait découvrir les sensations qu’offre le jeu en même temps que les personnages. Pari réussi pour le light novel : on panique avec Kirito quand il a peur, on se bat à l’épée à ses côtés, on peut sentir le vent et le soleil sur notre peau quand il se balade avec Asuna, etc. L’auteur nous offre également plusieurs points de vue, notamment dans la partie 2, où les histoires se déroulent du point de vue d’autres joueurs ou d’un point de vue externe. C’est plutôt agréable, parce que ça apporte du dynamisme à la narration. Une immersion réussie, donc. De plus, l’univers du jeu est parfaitement « crédible » : on sent que l’auteur est parfaitement à l’aise avec, et même si son histoire dépend de technologies qui n’existent pas (encore… ?), il arrive à glisser ici ou là certaines explications qui rendent le tout plausible. Par exemple, pour éviter de consommer trop d’énergie, le système repère l’endroit où le joueur regarde et lui renvoie une image en HD de cette portion précise du décor. Ce qui est hors de son champ de vision reste flou ou pixelisé. Ce sont des petits détails qui paraissent futiles à première vue mais qui, dispersés ça et là, renforcent l’univers du jeu.

J’aimerais finir cette chronique en parlant à l’objet livre en lui même, parce que les éditions Ofelbe ont fait du très beau travail ! En plus des illustrations en noir et blanc placées ça et là dans le livre qui permettent de représenter certaines scènes (notamment des scènes de combats), il y a quelques illustrations couleurs à la fin qui valent le détour et qui apportent un vrai plus au livre : cela renforce notre immersion dans SAO.

IMG_5979_OK IMG_5983_OK IMG_5984_OK
IMG_5980_OK IMG_5981_OK IMG_5982_OKLe seul défaut principal que je trouve à ce livre en réalité, c’est le jargon du jeu vidéo. Je joue sur plusieurs consoles et je suis habituée à ce langage, donc il ne m’a pas gêné personnellement mais en me mettant à la place d’un lecteur pour lequel ce n’est pas le cas, j’ai trouvé le tout un peu compliqué à comprendre : il existe un glossaire à la fin pour chaque mot et j’ai trouvé dommage de ne pas l’inclure directement dans le livre. J’ai également trouvé la partie 2 un peu mièvre, puisqu’elle se concentre beaucoup sur la relation que Kirito entretient avec plusieurs joueuses qui tombent amoureuses de lui, mais c’est un élément que j’ai retrouvé dans l’anime et auquel je me suis habitué. N’oubliez pas que les romances, c’est pas trop mon truc donc c’est très subjectif  et malgré cela, ce tome 1 est une très belle découverte ! Je ne peux que vous le conseiller si vous aimez l’action et si vous cherchez un bon divertissement.

– Article réalisé en partenariat avec les éditions Ofelbe

Titre Sword Art Online, tome 1 : Aincrad
Auteur Reki Kawahara / Illustrateur Abec
Éditeur Ofelbe
2015 // 502 pages

« Un « game over » entraînera une mort réelle. Kirito a accepté cette certitude depuis qu’il a décidé de combattre en « solo » à l’intérieur de l’Aincrad, cette gigantesque forteresse volante qui sert d’univers au redoutable jeu en ligne connu sous le nom de Sword Art Online. Comme lui, des milliers de joueurs connectés, pris au piège dans ce monde virtuel où le moindre faux pas peut être fatal, luttent pour regagner leur liberté. Kirito veut conquérir seul les cent étages qui le mèneront au combat final, mais c’est sans compter sur l’obstination d’Asuna, une habile épéiste avec qui il va devoir s’allier. Démarre alors une course effrénée pour survivre dans un monde où l’art de l’épée fait loi. »

★★★★☆ Très bien

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