Fantasy Young Adult

Une braise sous la cendre – Sabaa Tahir

2 janvier 2016

Quand « Une braise sous la cendre » est sorti, je me souviens avoir flashé sur la couverture VO, que je trouvais magnifique. L’histoire promettait d’être à son effigie : dépaysante, mystérieuse, remplie de chaleur et de sable chaud. Finalement assez loin de l’univers habituel de la littérature Youg Adult. J’ai d’ailleurs été agréablement surprise quand je me suis rendue compte que PKJ, qui édite le livre en VF, avait gardé la même jaquette. J’ai donc placé le livre dans ma Whish List et c’est finalement Antonine (de la chaîne Chocolate Readers), à qui j’en avais parlé au Salon du Livre de Montreuil, qui me l’a offert lors de notre Swap de Noël. Il m’a fait de l’oeil pendant quelques jours, puis je me suis décidée à lire le premier chapitre, pour « voir ce que ça donnait ». Et je n’ai absolument pas été déçue.

Une braise sous la cendre se passe dans un univers fictif inspiré de la Rome antique. Les gens y sont divisés en castes. Les deux principales sont celles des Érudits (les gens qui savent lire, écrire, dessiner…) d’une part et celles des Martiaux (les gens forts, avec du pouvoir, qui construisent des armes et loyaux à l’Empire) de l’autre. La première a été réduite en esclavage par la seconde depuis plusieurs siècles quand l’histoire commence : désormais, toute personne surprise en train de lire ou d’écrire est sévèrement punie. Laia, une jeune érudite vit avec ses grand-parents et son frère, jusqu’au jour où ce dernier est battu et arrêté pour trahison sous ses yeux. Contrainte à fuir mais déterminée à sauver sa seule famille, elle rejoint le réseau de la Rébellion Érudite, avec qui elle passe un marché. Les rebelles libéreront son frère à condition qu’elle espionne pour leur compte en devenant l’esclave personnelle de la Commandante, la cruelle directrice de l’école militaire qui forme les soldats d’élite Martiaux : Blackliff. Là bas, en parallèle, nous suivons le parcours d’Elias, soldat exceptionnellement doué mais plus que tout réticent à faire du mal aux innocents, alors que son destin semble avoir décidé du contraire. Deux individus que tout oppose mais qui seront amenés à se rencontrer pour le meilleur… et pour le pire.

Honnêtement, si vous suivez un peu mes vidéos ou si vous lisez le blog régulièrement, vous savez que je ne suis pas très « Young Adult » : ce sont souvent, pour moi, des livres qui font beaucoup de bruit pour rien et qui se ressemblent tous, avec la même construction, le même type de personnages, etc. Alors quand un de ces livres se démarque, je le reconnais avec plaisir. Une braise sous la cendre a été une claque : j’ai dévoré les 500 pages grand format sans me lasser une seule seconde. L’univers que dépeint l’auteur est extrêmement creusé et on sent qu’elle évolue dedans avec une aisance déconcertante. Sa plume est très agréable et immersive : elle sait décrire sans ennuyer, mais surtout elle trouve parfaitement les mots pour décrire ce monde fictif ; c’est comme si on y était ! J’ai parcouru les rues de Serra et longé les docks avec Laia, observé les reflets du soleil sur l’eau, senti la chaleur de la forge sur ma peau, goûté à la poussière, dansé au son du tambourin et observé les étoiles pendant une chaude nuit d’été. Vous voulez un livre qui vous fasse voyager et tout oublier autour de vous ? Foncez sur celui-ci. De plus, ça a été un voyage agréable puisque l’univers se situe à la limite entre la Rome antique et les mille-et-unes nuits : notez que les YA avec ces inspirations sont peu courants. Le livre est classé « Fantasy Jeunesse » : vous ne retrouverez dedans ni dragon, ni troll, ni elfe, ni même magie à la Harry Potter. Sabaa Tahir nous offre un monde peuplé de créatures malfaisantes nées des contes de tribus nomades : djins, goules, efirs… Cela apporte une touche exotique qui n’est pas déplaisante si vous en avez marre des zombies ;)

Ce qui m’a surtout marquée, c’est la violence de l’univers, rare à ce point en YA. De nombreux thèmes sont abordés : meurtres, tortures, trahisons… L’auteur ne prend pas de gants et n’épargne pas ses personnages : à cet égard, l’ambiance m’a fait penser à Game Of Thrones. Le résultat est un roman intense, sombre, oppressant, cruel, impitoyable, où on craint toujours un peu plus pour la vie des personnages. Je ne le mettrait pas dans toutes les mains : certaines scènes m’ont semblées un peu dures, mais « nécessaires » à la crédibilité de l’univers.

Les personnages sont tous intéressants et fouillés : principaux comme secondaires, « gentils » comme « méchants », ils ont chacun une histoire plus ou moins développée (je pense que ça viendra au fur et à mesure des tomes). J’ai beaucoup apprécié suivre Elias, qui m’a semblé assez loin des clichés « beaux gosses » : c’est un jeune homme intelligent, avec des valeurs, somme toute très humain dans un endroit où il est censé tuer sur commande. J’ai mis plus de temps à apprécier Laia, que je trouvais au début assez agaçante, mais dont le développement tout au long du récit se révèle finalement très intéressant. Helene, la meilleure amie d’Elias, est un personnage féminin fort et qui évolue beaucoup lui aussi : j’ai bien aimé la détester à plusieurs reprises, et je me suis finalement attachée à elle. Quant à la Commandante, la très cruelle directrice de Blackliff, elle m’a fascinée : j’ai très envie de savoir son histoire, de comprendre pourquoi elle agit de la sorte. J’espère que ça viendra davantage par la suite, même si le tome 1 nous apporte quelques éléments de réponse !

C’est un livre qui m’a fait passer par tous les états : joie, peur, horreur, rire, j’ai même été à deux doigts des larmes. Sabaa Tahir manie le cliffhanger de fin de chapitre à la perfection. Mais si, vous savez, celui qui vous fait dire « Oh allez, encore un chapitre et après j’éteins… ». Le fait que le récit se fasse en point de vue alterné (un chapitre Laia, un chapitre Elias) n’arrange rien… Il apporte d’ailleurs un vrai plus au récit, nous permettant par exemple de suivre un même évènement à deux endroits différents, mais surtout d’avoir un double point de vue esclave/bourreaux. C’est un livre très dense, qui tient en haleine du début à la fin, avec une action quasi omniprésente.

Une braise sous la cendre est un livre merveilleux, qui vous fera voyager dans un univers à la fois poétique et cruel, mais c’est surtout une jolie ode à l’humanité. Le seul détail qui m’a gênée ? Le double triangle amoureux, pas vraiment nécessaire à l’intrigue, parfois un peu poussif (MAIS mignon et pas culcul = vrai bon point) et encore une fois très hétéro-normé (fille-garçon). Sinon, rien à dire, à part que j’ai hâte d’être le 28 avril pour me procurer le 2 en VO (parce que je ne vais pas pouvoir attendre haha). Bref, un vrai coup de coeur !

couv36329287Titre Une braise sous la cendre
Auteur Sabaa Tahir
Éditeur PKJ
2015 // 523 pages

« Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment. »

♥ Coup de cœur ♥

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4 Comments

  • Reply Olivia 2 janvier 2016 at 10 12 22 01261

    Je suis passée à côté du coup de coeur à cause d’une certaine romance ( enfin tu vois ce que je veux dire ), mais je suis complètement d’accord avec toi ce livre est fantastique, j’attends le second tome avec impatience !

    • Reply Louise 2 janvier 2016 at 10 01 22 01161

      Oui, la romance c’est un peu n’importe quoi par contre :’) L’espèce de carré amoureux là, je suis très sceptique, par contre j’ai beaucoup aimé la tournure que ça prend à la fin :D

  • Reply Crotte de nez 2 janvier 2016 at 10 02 22 01111

    Je trouve que le combo vidéo-article fonctionne très bien, d’autant plus que j’avais envie de découvrir un peu plus ce premier coups de cœur de l’année 2016. Et voila un nouveau livre dans ma wishlist <3

  • Reply Pauline 31 janvier 2016 at 10 09 22 01391

    Décidément, on entend parler de parler de partout ! Et avec ce superbe avis en plus, je sens que je vais craquer… (pas bien !)

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