SF Young Adult

Phobos, t.1 – Victor Dixen

9 novembre 2015

ENFIN je peux faire ma chronique sur ce livre. J’avais tant de choses à dire dessus que je tenais à l’écrire mais je n’avais pas trouvé le temps jusqu’à maintenant. C’est une bonne chose finalement, parce que j’ai eu le temps de prendre du recul sur ma lecture. Quand j’ai terminé ce livre, je suis allée voir sa fiche Livraddict et j’ai vu que beaucoup beaucoup BEAUCOUP de gens l’avaient lu et noté, mais ce qui m’a frappée c’est que les avis étaient dithyrambiques (ce mot est dur à écrire). Partout, des 17, des 18, voire des 19 ou des 20. Et je dois vous avouer que … je n’ai pas compris l’engouement. Enfin, plutôt si, mais je ne l’ai pas réellement partagé. On en discute ?

« Six prétendantes d’un côté. Six prétendants de l’autre. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer. »
La planète Terre, dans un futur lointain. Six filles et six garçons sont envoyés dans l’espace, dans le but de créer la première colonie humaine sur Mars. À bord de leur vaisseau spatial, ils vivent dans des compartiments séparés et ils ne vont avoir que quelques mois pour faire connaissance, se séduire puis se choisir, à raison de 6 minutes d’entretiens séparés par du verre par semaines, sous les lentilles acérées des caméras embarquées. Car ces prétendants font partie de la plus folle émission de speed dating jamais imaginée : le programme Genesis. À l’arrivée sur la planète rouge, six couples seront formés. L’histoire se déroule principalement selon le point de vue de Léonor, une jeune orpheline de 18 ans qui s’est engagée dans le programme car elle n’a plus rien à perdre. Cette nouvelle vie lui paraît idéale, jusqu’à ce qu’elle fasse des découvertes extrêmement dérangeantes sur le programme. Il est pourtant trop tard pour reculer et le rêve tourne peu à peu au cauchemar…

C’est rare que je suive des modes littéraires : dès qu’on parle un peu trop d’un livre sur la blogosphère ou la booktubosphère, ça éveille mes soupçons et ça ne me donne pas du tout envie de le lire, par réaction inverse. Pourtant, j’ai décidé cette fois de faire une exception, parce que j’entendais beaucoup parler en bien de Victor Dixen (il a également écrit une série intitulée « Animale »), notamment par Margaud, du blog et de la chaîne Margaudliseuse. Je lui fait généralement confiance, parce qu’on a des goûts très similaires, et parce qu’elle sait parfaitement comment parler de livres pour donner envie. Donc, pour une fois, en tombant dessus à la bibliothèque, je me suis dit que peut être je pouvais tester, surtout que je lis assez peu de science-fiction : ça fait du bien de sortir des sentiers battus.

Mon bilan est extrêmement mitigé pour ce livre : je suis incapable de dire si j’ai aimé ou pas du tout, mais au moins il m’a fait ressentir des choses, ce qui est déjà un bon point me direz-vous :’) Alors, par où commencer ? Disons que je n’ai vraiment pas aimé le début et le milieu, mais que le livre décolle complètement vers la fin du livre (les 50 dernières pages je dirais) et je n’ai pas réussi à lâcher. C’était bien joué sur ce plan là, Dixen.

Bon, déjà, c’est beaucoup trop dense et brouillon. Dixen décide dès le début (ce qui en soit est une bonne idée) de proposer plusieurs points de vue différents : celui de Léonor et parfois des autres filles pendant leurs séances de speed dating, à bord du vaisseau, celui de Serena (la responsable du programme qui communique avec les prétendant(e)s) sur Terre et celui d’un autre personnage dont je ne parlerais pas pour ne pas spoiler. L’auteur nous met dans la confidence après une trentaine de pages, en choisissant sciemment de nous révéler ce qui cloche avec le programme : le lecteur a donc très rapidement des informations que les prétendant(e)s n’ont pas, ce qui nous pousse à avoir peur pour eux. Ce qui m’a gênée en fait, c’est que l’auteur ne semble pas avoir choisi le thème et le genre de son histoire : on a donc un mélange entre de la romance, du thriller, de la science fiction, une affaire de drogue, des meurtres, une enquête, des trahisons, une critique de la télé réalité, de l’amitié, bref ça part dans tous les sens et ça m’a très vite fatiguée. J’avais envie de secouer le livre pour qu’il arrête de s’égarer et qu’il me mène là où l’auteur voulait en venir, parce que j’avais l’impression de lire 12 livres en même temps. À cause de tous les points de vue, on doit jongler entre des dizaines d’informations et j’ai trouvé ça complètement indigeste.

Et en plus j’ai trouvé ça leeeent, mais leeeeeeeeeeeeeent. J’aurais viré un bon quart du livre. J’ai d’ailleurs cru pendant un moment qu’on allait assister à TOUTES les rencontres du speed dating, mais heureusement on finit par avoir une ellipse. Alors je veux bien qu’on prenne le temps de connaître bien l’histoire et tous les personnages, mais honnêtement, à plus de la moitié du livre, on tourne encore en rond et on piétine. Les actions s’enchaînent et se répètent de pages en pages à bord du vaisseau. Le style de l’auteur m’a également un peu fait tiquer : certains mots ne semblent pas à leur place. J’aurais pensé à des erreurs de traduction, mais il est français…

Concernant la construction en elle-même, je suis partagée. Ce livre est un peu un OVNI dans le ciel de la littérature Young Adulte, je dois au moins lui reconnaître ça. On quitte le schéma traditionnel pour aller vers quelque chose de plus osé. L’histoire en elle-même est très originale. Cependant, j’ai eu un espoir pendant la première moitié du livre, je me suis dit qu’il prenait une direction intéressante et totalement imprévisible (mini spoiler : Léonor belle-gosse-rousse est intéressée par deux hommes, un brésilien et un américain) et puis en fait… non. Tout retombe. Triangle amoureux, trahison foireuse, personnage principal avec un secret trop dark, Léonor se jette dans les bras du bel américain. RAH MAIS c’est trop demandé d’avoir un peu de mixité ? De la faire tomber amoureuse du japonais ? Du chinois ? Et d’ailleurs où est le point de vue des garçons ?

Les personnages sont intéressants, mais il y en a tellement qu’il est impossible de tous bien les connaître. J’ai plutôt réussi à m’attacher à Léonor, même si elle joue souvent la victime et a tendance à dramatiser. Pour le reste des filles, la plupart sont très-stéréotypées-mais-on-va-faire-genre-que-pas-trop (entendre par là que la blonde qui paraît très superficielle agit en fait comme ça parce qu’elle a eu une vie difficile >>> nopenopenope) mais attachantes (surtout, certaines sont très manipulatrices et jouent un double jeu). Les garçons sont plats (en même temps comme on suit le point de vue des filles, on en entend parler pendant les séances de speed dating et c’est tout… en fait ils servent à foutre la m… semer la zizanie parmi les filles). Serena est pas mal en méchante charismatique mais elle m’a un peu trop rappelé Jeanine (Divergente) et la Présidente Coin (Hunger Games).

Et pourtant … et pourtant l’histoire décolle de manière très soudaine pendant les 50 dernières pages, qui se finissent sur un cliffhanger bien dosé, ce qui m’a donné envie de lire la suite… Je lirais donc le tome 2, qui sort dans quelques jours.
En définitive, je dirais que ma lecture a été frustrante, parce que je trouve qu’il ne mérite pas une mauvaise note, mais je ne l’ai pas suffisamment aimé pour lui mettre un « bien ». Ce livre renferme un immense potentiel, une histoire originale avec un univers bien amené mais la construction et certains détails m’ont empêchés d’apprécier pleinement ce livre.

Titre Phobos (t.1)
Auteur Victor Dixen
Éditions Robert Laffont // Collection R
2015 // 433 pages

« Six prétendantes d’un côté. Six prétendants de l’autre. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer. Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars. Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour. Même si le rêve vire au cauchemar, il est trop tard pour regretter. »

★★☆☆☆ Bof

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3 Comments

  • Reply Elessar 9 novembre 2015 at 10 04 22 115311

    J’ai une suspension d’incrédulité assez tolérante mais j’avoue qu’un speed dating pour coloniser Mars… heuuuuu j’ai du mal O_o
    J’attendrais un éventuel avis sur le tome 2 avant de peut-être tenter :)

  • Reply Crotte de nez 9 novembre 2015 at 10 06 22 112711

    C’est une catastrophe, à chaque fois que je lis une de tes notes je me dis que j’ai envie de lire ce livre alors qu’en général la littérature Young Adult me donne de l’urticaire. Je pense que si je le trouve chez mon petit bouquiniste, ni une, ni deux je le prends avec moi. En tout cas le synopsis vend du rêve.

  • Reply Sita 10 novembre 2015 at 10 11 22 113911

    « le livre décolle complètement », et même pas de blague sur la tournure ? Je suis déçue :D
    Bon. Je suis chiffonnée parce qu’à te lire, je sais que ça ne me plaira pas du tout mais je l’ai aussi emprunté par curiosité après tous ces avis dithyrambiques, hmf. Autant ça ne me dérange pas lorsque le récit est dense, touche un peu à tout et prend son temps, mais les persos stéréotypés, gnnh.

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