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Billy Elliot – Version comédie musicale

25 octobre 2015

Il y a presque un an jour pour jour, une amie – qui est en école de comédie musicale – m’a proposée d’aller voir la retransmission filmée de la comédie musicale Billy Elliot. Il s’agissait de la version londonienne (la version d’origine, qui se joue depuis la création du film, mais il me semble qu’il existe une version américaine) que l’on peut toujours voir au Victoria Palace Theatre. Je ne me souvenais pas très bien du film, mais il faut savoir que la comédie musicale est probablement mon genre cinématographique préféré : je peux comprendre que certains n’aiment pas, mais j’ai toujours trouvé ça beaucoup plus fort de voir les personnages chanter leurs sentiments. Donc j’en ai vu, des comédies musicales. Mais des aussi puissantes et aussi scotchantes que celle-là ? Rarement. Presque un an après, je me suis procurée le DVD et après un deuxième visionnage, ça m’a fait exactement le même effet. Venez donc par ici que je vous parle de cette petite merveille :)


Je le reprécise d’emblée : Billy Elliot, à la base, c’est un film de Stephen Daldry (qui, entre temps, a réalisé des films comme Le liseur ou Extrêmement fort et incroyablement près) sorti en 2000. Billy était incarné par le tout jeune Jamie Bell, dont c’était le premier film. J’ai du le voir au cinéma, mais je dois avouer qu’à part l’affiche je ne me souvenais de pas grand chose (bon j’avais 7 ans me direz-vous…). Et en toute connaissance de cause, j’ai décidé d’aller voir la comédie musicale sans relire l’histoire, ou même le contexte, afin de la redécouvrir entièrement.

1984, dans la ville minière de Durham, située au Nord Est de l’Angleterre. Billy Elliot, onze ans, vit avec son père, son frère et sa grand mère. Pour contrer les mesures drastiques prises par Margaret Thatcher (visant à redresser l’économie du pays) et pour dénoncer leurs conditions de travail abominables, les mineurs de la ville (ce qui inclue le père et le frère de Billy) décident de se mettre en grève. Billy, lui, a un peu de mal à comprendre tout ça : tout ce qui le préoccupe, c’est que son père l’oblige à prendre des cours de boxe alors qu’il n’aime pas ça. Un jour, le hasard fait qu’il assiste à un cours de danse classique, qui se déroule dans le même gymnase que la boxe. Attiré par la grâce des mouvements, il est d’abord réticent (« la danse, c’est pour les pédés ») puis il se prend peu à peu au jeu et remplace la boxe par la danse, en cachette de son père. Mrs Wilkinson, le professeur, décèle en lui un vrai potentiel et l’encourage à passer une audition pour la Royal Ballet School. Mais c’est sans compter son père et son frère, bien décidés à ce qu’il fasse « du vrai sport de garçon » pour les aider à subvenir à leurs besoins…

Pour résumer cette comédie musicale, je dirais qu’elle est belle, drôle, émouvante et qu’elle fait passer un message plus que parfait aux plus jeunes. J’ai du mal à trouver par quoi commencer, tellement chacun de ces aspects me semble important.

Credits : Adam Sorenson/AP/SIPA

Billy Elliot est la seule comédie musicale qui m’a fait passer par autant d’émotions différentes. C’est 3h de spectacle (filmé, certes) pendant lesquelles on est physiquement emportés sur scène. J’ai pleuré, parfois parce que c’est réellement triste, d’autres fois parce que c’est juste beau et touchant. J’ai frissonné pendant plusieurs chansons, qui sont à la fois tellement justes et puissantes… Il y a quelque chose d’impressionnant à contempler ce tout jeune garçon, absolument persuadé d’avoir trouvé sa voie, et s’y plongeant à corps perdu. Il y a plusieurs Billy qui tournent (4 je crois) dans le show ; celui qui est présent dans la retransmission s’appelle Elliot Hanna et il m’a bluffée. Vraiment. J’étais sur les fesses tout le long du spectacle. Il sait tout faire : chanter, danser bien sûr, mais il joue extrêmement bien, il a un vrai sens de la comédie, et quelle endurance ! Il est sur la scène tout le long du show. Ce qui est intéressant avec la version comédie musicale, c’est que les enfant qui incarnent Billy le sont en quelque sorte dans la vraie vie : eux aussi, leur rêve c’est de danser/jouer et eux aussi doivent passer des auditions pour être pris dans des écoles de danse. Il y a donc une mise en abîme que je trouve terriblement touchante, parce que je ne peux pas m’empêcher de voir les gosses avant de voir le personnage de Billy. Autre élément important : on rigole beaucoup, même si le fond de l’histoire se déroule sur deux drames entremêlés. C’est très justement dosé, puisque qu’on alterne des scènes de franche poilade avec des scènes plus sérieuses, plus émouvantes. Tous les personnages évoluent : ceux qu’on pense être les plus bourrus se révèlent finalement être ceux au plus grand coeur. Ils sont tous terriblement humains, avec leurs doutes et leurs peurs, qui leur font parfois faire des erreurs. Ils sont complexes, aussi, avec plusieurs facettes. Et même les personnages secondaires sont fouillés, ce qui est plutôt rare dans le genre de la comédie musicale, qui laisse, en général, une grande place aux chanteurs principaux. Billy est donc accompagné de son super copain Michael, qui aime beaucoup s’habiller en fille et se maquiller, et sa grand mère a un caractère … disons bien trempé.

Billy Elliot, c’est surtout – passez moi l’expression – un grand bordel chorégraphique, et c’est superchouette. Le show brille par sa diversité, et met très bien en avant les différences…. et les ressemblances entre le milieu de la danse classique et de la lutte ouvrière (oui oui, même les ouvriers et les policiers dansent en se tapant dessus, c’est beau ;)). On passe donc des grandes envolées lyriques à coup de pirouettes et d’entrechats aux claquettes, en passant par les danses folkloriques et les bagarres chorégraphiées. Dans Billy Elliot, tout le monde danse, même sans s’en apercevoir. Du coup, on ne sait jamais trop à quoi s’attendre et on se s’ennuie pas du tout ! Deux scènes m’ont particulièrement marqué : la « danse de la rage » de Billy, qui oppose le petit garçon aux policiers sur fond sonore de baston et sous une lumière rouge sang, et la sublime scène dansée par deux Billy – l’enfant et son pendant jeune adulte – sur Le lac des cygnes (Tchaikovsky) où leur corps se répondent, se rejoignent et se repoussent. Ce sont deux scènes très très fortes où danse et musique ne font plus qu’un. J’ai déjà été éblouie avec la version filmée, alors je me demande ce que ça doit donner en vrai…

Credits : Popmovies

Qui dit comédie musicale dit … chansons ! Aucune n’est connue hors du show il me semble (contrairement à Memory (Cats) par exemple, ou à You’re the one that I want (Grease) que tout le monde connait sans connaître) mais ça ne veut pas dire qu’elles ne sont pas intéressantes, bien au contraire ! Certaines ressortent plus que d’autres, bien sûr, à cause de leur message ou à cause de leur puissance émotionnelle. « The Letter », dans laquelle Billy lit une lettre que lui a adressé sa mère avant de mourir (ce n’est pas un spoiler, c’est dit très très tôt dans le film, et cela fait partie intégrante du personnage de Billy) me fait pleurer à chaque fois, parce que je la trouve à la fois très simple et très juste. La plus « connue » s’appelle « Electricity », et c’est la plus puissante, celle qui fout des frissons : Billy explique ce qu’il ressent quand il danse. Et celle-ci, pas besoin d’être danseur pour la comprendre : c’est un sentiment universel qu’il décrit. Ce sont mes deux préférées, mais d’autres sont également intéressantes : « Solidarity » exprime le désespoir des mineurs, soudés malgré tout dans l’adversité. Sur une note plus fun, « Shine », « Expressing yourself » et « Born to Boogie » sont entraînantes et invitent à faire ressortir le meilleur de nous-même. Ah, et si il vous fallait encore un argument : les chansons sont signées en partie par Elton John. Voilà voilà.

Credits : Popmovies

J’en viens au dernier point que j’aimerais soulever, et le plus important d’après moi. Cette comédie musicale (et le film aussi il me semble, mais il faudrait que je le revoie pour ça) fait passer un message vraiment chouette : soyez vous-même et faites ce que vous aimez faire. Ça peut sembler bateau, mais l’histoire envoie bouler tous les stéréotypes de genre : oui, un garçon peut faire de la danse classique « sans être pédé » (comme dit dans le film, d’où les guillemets) et réussir, oui un garçon peut s’habiller « comme une fille » tant qu’il se sent bien comme ça. C’est tout le message de la chanson « Expressing yourself » d’ailleurs, où Michael (le meilleur ami de Billy) se demande « What the hell’s wrong with expressing yourself? / Being who you want to be? / Will anybody die if you put on a dress? / Who the hell cares if your blusher’s a mess? / Start a new fashion, buck all the trends. / Emphasise integrity. / Cos what the hell is wrong with expressing yourself / For wanting to be me? », où il encourage les gens à faire ce qu’ils veulent (« If you wanna be a dancer, dance / If you wanna be a miner, mine ») et où, enfin, il dit que chaque personne est unique et que …. ben c’est méga chouette ! (« Everyone is different / It’s the natural state / It’s the facts, it’s plain to see, / The world’s grey enough without making it worse /What we need is individuality. »). Je ne connais pas de chanson plus libératrice, et je crois bien que tous les enfants devraient voir ce film / cette comédie musicale assez jeune pour en comprendre les enjeux.

Voilà, j’ai fini avec la critique la plus longue de ce blog :’) J’espère que je vous aurais donné envie de la regarder, parce qu’elle est vraiment, vraiment, vraiment, vraiment bien. On en ressort avec la patate, et avec une grosse envie de danser ! Foncez ! Le film est dispo en DVD ici.

Je vous laisse avec deux vidéos :

Le trailer, qui a un peu vieilli (et les acteurs ne sont pas les mêmes), mais qui résume bien le spectacle :

La chanson Electricity, qui fout des frissons un peu (extrait direct de la retransmission) :

(Je ne vous met pas The Letter, vous allez chialer sinon)

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1 Comment

  • Reply Plume de Chat 25 octobre 2015 at 10 06 22 100310

    Cette comédie musicale a l’air incroyable ! J’ai le film en DVD chez moi et j’avoue que c’est une histoire très touchante. Merci pour ce superbe avis qui donne vraiment envie de découvrir ce spectacle ! C’est une très bonne idée d’en parler sur ton blog et ça me donne envie de parler de la comédie musicale Cats sur le mien (car je l’ai vu il n’y a pas longtemps) !
    Merci encore et bonnes lectures à toi :)

    Alice alias Plume de Chat

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