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Le roi et moi – L’Orient s’invite au Châtelet

20 juin 2014
Review théâtre # 1 : Le roi et moi.

Mercredi, en grande inconditionnelle des comédies musicales, je suis allée voir « Le roi et moi » au théâtre du Châtelet. De la pièce, je ne connaissais que (vaguement) l’histoire, mais j’avais surtout en tête les graphismes du dessin animé que j’ai vu quand j’étais petite. Je vous dis ce que j’en ai pensé.

Ce que le site du Châtelet en dit :

Basé sur l’histoire d’Anna Leonowens, qui a réellement existé, le roman de Margaret Landon obtient un immense succès à sa sortie en 1944. L’œuvre relate l’arrivée à la cour de Siam de cette jeune préceptrice galloise (accompagnée de son fils) qui doit enseigner l’anglais à la nombreuse progéniture que le roi a eue avec différentes femmes. La forte personnalité du souverain heurte la jeune femme, qui tentera de l’apprivoiser tout en essayant de faciliter les amours de l’une des jeunes favorites du roi avec l’élu de son cœur. Après avoir acquis les droits du roman, l’actrice anglaise Gertrude Lawrence créa le rôle d’Anna à la scène en 1951. Le Roi était incarné par l’inoubliable Yul Brynner, qui devait immortaliser plus tard le rôle aux côtés de Deborah Kerr dans le film de Walter Lang (1956). Avec cette cinquième collaboration, Rodgers et Hammerstei, signaient l’une de leurs meilleures comédies musicales, qui recèle quelques pépites comme Something Wonderful ou Hello Young Lovers. 

Avant toute chose, je vous laisse regarder la bande annonce.

Mon avis

J’en suis sortie mitigée.
Comme toujours au Châtelet, les décors (modulables !) et les costumes (colorés !) sont magnifiques.
Comme toujours, l’histoire nous transporte : pendant 3h15, j’ai voyagé jusqu’au Siam, j’ai arpenté les appartements royaux, j’ai assisté à un cours de géographie pleins de surprises et j’ai été témoin des rencontres secrètes de deux amants.
Comme toujours, il est inutile de préciser que les acteurs étaient époustouflants : Christine Buffle est impressionnante en maîtresse d’école entêtée, les enfants sont réglés comme du papier à musique et Je Ni Kim, qui joue Tuptim, constitue peut être la vraie star du spectacle tant sa voix est puissante et son jeu d’acteur est touchant.

Pourtant. Pourtant pour la première fois depuis que je vais au Châtelet, il m’a manqué quelque chose, ce petit truc qui me pousse habituellement à vouloir que l’entracte passe plus vite et qui me fait sortir du théâtre les yeux pleins d’étoiles en chantonnant. Si les scènes de danse et de chant sont entraînantes et visuellement très réussies (je pense notamment à « Getting to know you » ou bien à la scène de « La cabane de l’oncle Thomas » qui étonne par sa fluidité, ses jolies marionnettes, sa mise en scène et, bien sûr, ses danseurs), les scènes de jeu sont … plates. Les acteurs restent très statiques, la pièce perd en rythme et l’émotion peine à passer (même pour la scène de fin, pourtant censée être émouvante). J’ai eu à plusieurs reprises l’impression d’assister à une répétition. Lambert Wilson (le roi), malgré sa très chouette carrière d’acteur et de chanteur, m’a laissé de marbre. Pire, sa prestation m’a un peu mise mal à l’aise. Le choix d’un européen pour jouer un roi thaïlandais m’a semblé discutable… On frise souvent la caricature, avec force exagération d’articulation et anglais un peu douteux à la clef (même si c’est évidemment fait exprès). Cela manquait de naturel et c’était d’autant plus flagrant que L. Wilson évolue sur scène avec C. Buffle qui, elle, est parfaitement à l’aise dans son rôle.  Par contre, les scènes qui les confrontent sont souvent explosives (chacun ayant un caractère bien trempé ! Anna explique d’ailleurs à son fils « When two people are as differents as we are, they are almost bond to hurt each other« ) et … ça fonctionne !
La pièce traite de sujets plus graves, avec en toile de fond le colonialisme et la place de la femme en Thaïlande au 19ème siècle (spoiler : inexistante, car les femmes sont « les femelles de l’Homme » et doivent se plier à ses désirs), et même si ils sont traités avec humour et légèreté, ils n’en sont pas moins latents. Cependant, la pièce se termine sur une note d’espoir bienvenue et la morale est en ressort « Apprends à connaître les autres » est touchante et bien amenée.
Finalement,  je dirais que l’histoire m’a beaucoup plu mais que c’est du côté de la mise en scène que ça pèche un peu. L’ensemble, un peu trop long, reste cependant bien ficelé et agréable à regarder (et à écouter!!). Si vous hésitiez, vous pouvez foncer :)

– « The king and I » de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein.                
Mise en scène : Lee Blakeley. Direction d’orchestre : James Holmes.                
Jusqu’au 29 juin 2014 au théâtre du Châtelet (Paris 1er).                
En anglais surtitré. 3h15 (avec entracte).                
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2 Comments

  • Reply pitiponks 20 juin 2014 at 10 12 22 06486

    Oh je suis sûre que ça m’aurait beaucoup plu! je suis fan de cette histoire depuis que j’ai vu le film avec Jodie Foster et Chow Yun Fat. Depuis ce premier visionnage j’ai revu le film un bon paquet de fois mais surtout je me suis acheté le livre de Margaret Landon… Pourtant je n’ose pas le commencer. J’ai peur d’être déçue… Tu as lu le livre toi?

    • Reply Louise P. 20 juin 2014 at 10 04 22 06126

      Je crois que je n’ai jamais vu le film (il y en a deux d’ailleurs je crois … ?) :) Je n’ai pas lu le livre, mais ça m’a effectivement bien donné envie !

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