Culture Roman

Le Tour d’écrou – Henry James

1 novembre 2018

Ce petit livre me faisait envie depuis quelque temps mais c’est finalement Charlotte Parlotte qui a fini par me convaincre. Je l’ai donc acheté sur un coup de tête et je l’ai lu presque dans la foulée – ce qui est assez rare chez moi pour être souligné vu que certains livres de ma PàL y sont depuis quelques années déjà… Mais cette courte histoire me semblait parfaite pour Halloween, je me suis donc lancée dedans et… ça n’a malheureusement pas vraiment marché pour moi.

Une jeune institutrice accepte un poste pour s’occuper de deux enfants orphelins, Flora et Miles, dans une grande maison de campagne. D’abord enchantée par la beauté, le calme, le sérieux et les bonnes manières des charmants bambins dont elle a la charge, elle déchante vite quand elle se retrouve face aux fantômes de deux anciens domestiques de la famille, morts dans des circonstances mystérieuses. Pire : elle est persuadée que les âmes damnées de ces personnes sont revenues sur terre pour emporter les petits avec eux, et elle se plie alors en quatre pour protéger ces derniers. Mais Miles et Flora sont-ils aussi innocents qu’ils veulent bien le faire croire… ? 

Un huis-clos, des fantômes, des enfants inquiétants, ce roman avait tout pour me plaire et pourtant j’ai eu l’impression de me battre avec le livre pour avancer dans l’histoire et pour comprendre le déroulement des évènements. Je ne sais pas si la traduction a joué un rôle dans tout ça mais j’ai vraiment peiné pour terminer le livre. Quand les phrases ne sont pas totalement alambiquées, les personnages parlent à demi-mot pour – je suppose vu l’époque – épargner la pudeur de leur interlocuteur, mais de façon tellement permanente qu’à plusieurs reprises je me suis vraiment demandé ce qu’il se passait et de quoi il était réellement question. Je veux bien que Henry James aie voulu distiller une ambiance aussi éthérée et mystérieuse que les fantômes dont il parle, mais à ce niveau je trouve que cela rend la lecture ardue. Cela m’a également empêchée de m’attacher au moindre personnage, que ce soit la narratrice – qui est donc l’institutrice -, les enfants ou la gouvernante de la maison, et j’ai fini par perdre mon intérêt pour ce qui leur arrivait. L’édition que je me suis procurée, celle du Livre de Poche, contient des notes de bas de pages ajoutées par le traducteur qui sont en revanche très intéressantes et qui m’ont aidé à comprendre ma lecture, notamment pour ce qui concerne les termes difficiles à traduire qui perdent un peu de leur double sens en français. Je vous la conseille donc si vous souhaitez lire le livre.

J’ai été triste de ne pas aimer ma lecture à cause de la forme, car il y avait quelques très bonnes idées. Il s’agit par exemple d’un récit enchâssé : l’histoire s’ouvre sur une soirée entre amis, qui se racontent des histoires effrayantes, et l’un d’entre eux se met à lire le récit que l’institutrice – qu’il a personnellement connu – a couché sur le papier après ses mésaventures. L’atmosphère se met ainsi rapidement en place, juste assez inquiétante, et permet au lecteur d’écouter avidement le récit relaté comme si il faisait parti de ce cercle. Les rencontres avec les fantômes sont véritablement glaçantes : la façon dont elles sont amenées rend le déroulement des évènements très visuel et fait souvent froid dans le dos. Et surtout, le fait que les enfants, que nous ne connaissons qu’à travers les yeux de l’institutrice, parlent très peu de manière directe les rend complètement intangibles et franchement inquiétants. Mais malheureusement, entre les quelques passages avec une tension palpable, je me suis ennuyée ferme. Une autre fois, peut être, Henry James !

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