Roman

Des pavés dans ma PàL #1

12 avril 2018

Quand je me rends à la bibliothèque ou dans une librairie pour flâner, je me tourne beaucoup plus facilement vers les grosses briques que vers les livres tout fins. C’est sans doute parce que j’ai le sentiment que je vais pouvoir rester plus longtemps dans l’univers du livre si il est volumineux, alors que je risque de rester sur ma faim si son nombre de pages est plus bas. Dans tous les cas, j’ai dans ma PàL quelques livres très épais que je n’ai pas encore lus par peur de leur taille, justement. Peur de m’ennuyer durant un très grand nombre de pages, peur de devoir le traîner dans les transports, peur d’avoir l’impression de faire du sur-place. Vous savez peut être qu’en lecture, j’ai du mal à me concentrer sur un seul livre et que j’ai besoin d’en commencer plusieurs en même temps pour pouvoir varier selon mon humeur. Les briques que j’ai dans ma PàL m’impressionnent car j’ai la sensation que je vais les traîner sur la longueur si ils ne me happent pas tout de suite. Mais pour un grand nombre d’entre eux, ils me tentent énormément ! Je vous propose donc un petit article pour vous présenter quelques uns, et je suis curieuse de savoir si vous en avez de votre côté !

Les Romanov : 1613-1918 (Simon Sebag Montefiore) – 1 376 pages

Cette captivante épopée, foisonnante d’anecdotes, raconte comment les Romanov ont construit leur empire de manière impitoyable, au gré de conspirations, de rivalités familiales et d’extravagances sexuelles. De Pierre le Grand, fêtard despotique, bâtisseur de l’autocratie russe qui exigeait l’ivresse permanente de sa cour, à Nicolas II, dernier empereur de Russie au destin tragique, dépeint comme un tsar réactionnaire et médiocre ayant précipité la chute de l’Empire, en passant par Catherine II, la plus grande des tsarines, qui multiplia les amants, ce livre dévoile leur monde secret et leur destinée hors du commun. La plume vivante et inimitable de Simon Sebag Montefiore entremêle petite et grande histoire, et nous fait revivre avec une intensité remarquable les grands moments qui ont ponctué la légende des Romanov, pour qui gouverner la Russie fut à la fois une mission sacrée et un cadeau empoisonné.

J’avais découvert ce roman dans une story Instagram, et je l’ai immédiatement noté, car je cherchais depuis longtemps une biographie intéressante des Romanov. Celle-ci a l’air passionnante et pas trop compliquée à lire, mais aussi incroyablement dense. Une fois que je l’ai eu entre les mains chez moi, j’ai quand même un peu douté de ma capacité à avaler ces 1376 pages (!) en format poche. Mais le sujet m’intéresse énormément. Je vais donc essayer de m’y plonger par petits morceaux, car la forme s’y prête mieux qu’un roman.

Une Autobiographie (Agatha Christie) – 992 pages

« Je suis censée m’atteler à un roman policier mais, succombant à la tentation naturelle de l’écrivain d’écrire tout sauf ce dont il est convenu, me voilà prise du désir inattendu de rédiger mon autobiographie. Cette irrépressible envie nous guette tous tôt ou tard, me suis-je laissé dire. Elle m’est venue d’un coup. D’ailleurs, autobiographie est un bien grand mot. Il suggère l’étude soigneusement pensée de toute sa vie. Il implique de ranger les noms, les dates et les lieux en un ordre chronologique rigoureux. Or, ce que je veux, moi, c’est plonger au petit bonheur les mains dans le passé et les en ressortir avec une poignée de souvenirs variés. Voilà une des compensations, et non des moins plaisantes, qu’apporte l’âge : se rappeler. Le premier souvenir qui me vient à l’esprit est celui, très distinct, où je me promenais dans les rues de Dinard avec ma mère un jour de marché…  » Introuvable depuis plus de vingt ans, l’autobiographie de ce génie du crime littéraire que fut Agatha Christie éclaire d’un jour nouveau, non seulement la vie d’une femme qui s’ingénia à se cacher derrière ses œuvres, mais également celle du XXe siècle, qui de guerres en conquêtes, consacra dame Agatha comme un des auteurs les plus lus dans le monde !

Celui-ci est dans ma PàL depuis un petit moment ! J’ai commencé par l’emprunter à la bibliothèque, mais je me suis rapidement rendue compte que je n’allais pas pouvoir le lire dans le temps imparti et que je préférais prendre mon temps pour savourer cette autobiographie de presque 1000 pages. Je l’ai donc trouvé en occasion, et depuis quelques mois il me nargue sur mes étagères. J’avais vu le Secrets d’Histoire consacré à la vie d’Agatha Christie et je l’avais trouvé passionnant, j’ai donc vraiment hâte de me plonger dans ce livre, mais sa taille m’a un peu freinée jusque là.

Anna Karénine (Tolstoï) – 894 pages

La quête d’absolu s’accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société bourgeoise de cette fin du XIXe siècle. Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher – l’antithèse d’une Bovary – ne peut ressentir qu’un profond mépris pour ceux qui condamnent au nom de la morale sa passion adultère. Et en premier lieu son mari, l’incarnation parfaite du monde auquel il appartient, lui plus soucieux des apparences que véritablement peiné par la trahison d’Anna. Le drame de cette femme intelligente, sensible et séduisante n’est pas d’avoir succombé à la passion dévorante que lui inspire le comte Vronski, mais de lui avoir tout sacrifié, elle, sa vie de femme, sa vie de mère. Vronski, finalement lassé, retrouvera les plaisirs de la vie mondaine. Dans son insondable solitude, Anna, qui ne peut paraître à ses côtés, aura pour seule arme l’humiliante jalousie pour faire vivre les derniers souffles d’un amour en perdition.

Si les pavés me font un peu peur, j’aurais tendance à dire que les pavés classiques me terrifient. Pour autant, j’en ai un bon paquet dans ma PàL : L’homme qui rit, Le comte de Monte Cristo, Moby Dick, De grandes espérances… Autant de livres dont j’entends beaucoup de bien et que je n’ose pourtant pas commencer. Anna Karénine date de ma période « classiques russes » qui a duré environ 3 jours. J’ai vu il y a quelques années l’adaptation de Joe Wright avec Keira Knightley, qui date de 2012, et j’en garde globalement peu de souvenirs, mais je dois dire que Anna est une de ces héroïnes classiques qui m’intrigue. Je tenterais probablement de le sortir de ma PàL cet été.

Jonathan Strange et Monsieur Norrell (Susanna Clarke) – 1144 pages

Il y a des siècles de cela, du temps où la magie existait encore en Angleterre, le plus grand magicien de tous était le roi Corbeau. Enfant d’homme élevé par des fées, le roi Corbeau mêla sagesse féerique et humaine raison pour fonder la magie anglaise. En 1806, année où commence le roman, il n’est plus guère qu’une légende. L’Angleterre est gouvernée par un roi fou, Lord Byron bouleverse les mœurs autant qu’il révolutionne la poésie, les guerres napoléoniennes ravagent le pays… et plus personne ne croit à la pratique de la magie. Or voici que Mr Norrell, le reclus de l’abbaye de Hurtfew, lance un défi aux magiciens théoriciens qui pullulent dans le pays : il prouvera qu’il est le seul véritable magicien du pays. Dans une scène éblouissante, il prête parole et mouvement aux statues de la cathédrale d’York. La nouvelle du retour de la magie en Angleterre se répand jusque dans les frivoles salons londoniens. Pédant, prétentieux, Mr Norrell devient pourtant la coqueluche de la noblesse londonienne. Mais lui veut davantage : aider le gouvernement dans sa guerre contre Napoléon. Il bloque les Français en rade de Brest grâce à une immense flotte anglaise composée de navires nés de la pluie, et dote les côtes britanniques de charmes protecteurs. Aider le royaume d’Angleterre n’est pas l’unique obsession de Mr Norrell. Car il veut aussi, et surtout, éliminer tout rival possible. C’est compter sans la prophétie : Deux magiciens paraîtront en Angleterre. Le premier me craindra ; le second de me voir brûlera. Et bientôt il croise sur son chemin un brillant jeune magicien, Jonathan Strange. Ce dernier est charmant, riche, un brin arrogant, mais imaginatif et courageux. Mr Norrell, séduit, le prend pour élève. Ensemble, ils éblouissent le pays de leurs exploits. Mais leur association tourne vite à la rivalité…

Clairement, je trouve que le résumé vend du rêve. J’ai envie de me ruer dessus quand je le lis. Mais après, je le soupèse, je vois le nombre de pages, et je chancelle :’) J’ai quand même très envie de donner sa chance à cette brique que j’avais acheté en occasion. En grand format, l’objet livre est d’ailleurs sublime, avec une version noire à la tranche noire, une version blanche et une version rouge. J’ai lu beaucoup d’avis négatifs dessus qui expliquaient que c’était bien trop long et beaucoup trop lent, mais je veux absolument me faire mon propre avis, je le laisse donc dans ma PàL !

Elantris (Brandon Sanderson) – 986 pages

Il y a dix ans, la sublime cité d’Elantris, capitale de l’Arélon, a été frappée de malédiction. Ses portes sont désormais closes et nul ne sait ce qui se passe derrière ses murailles. Kae est devenue la première ville de l’Arélon. Quand la princesse Sarène y arrive pour épouser Raoden, l’héritier de la couronne, on lui apprend qu’il vient de mourir. Veuve d’un homme qu’elle n’a jamais vu, Sarène choisit pourtant de rester à la cour, et tente de percer le mystère d’Elantris…

Elantris est un achat qui n’a absolument pas été prémédité. Attirée par la couverture, j’ai lu le résumé qui m’a tout de suite intrigué, et le fait que Sanderson soit apparemment une valeur sûre dans le milieu de la fantasy a achevé de me convaincre. Devant sa taille, j’ai essayé de me rassurer en me disant qu’après tout, c’était un tome unique, et que je n’aurais pas à enchaîner sur d’autres briques :’) J’ai vraiment hâte de m’y plonger, parce que j’entends énormément de bien de la plume de Sanderson, mais je ne sais pas à quoi m’attendre.

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J’espère que cet article vous a plu ! Si je vois que c’est le cas, j’en ferais probablement un second, donc n’hésitez pas à commenter (ici ou sur les réseaux sociaux) et à me dire si vous avez lu certain des livres dont je parle ici.

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