BD Roman

Bilan Hallowctober

5 novembre 2017

Bonjour tout le monde, aujourd’hui on se retrouve pour mon bilan Hallowctober livresque ! Comme prévu, je n’ai pas pu lire tout ce que j’avais prévu, déjà parce que un mois entier de lectures flippantes c’était un peu too much pour moi, ensuite parce que j’ai rapidement eu envie de choses plus légères et enfin parce que j’ai énormément de mal à tenir des PàL mensuelles, mais c’était un petit challenge que j’avais envie de relever. J’ai néanmoins fait quelques belles découvertes, avec une seule réelle déception, ce qui est un score plutôt honorable selon moi. Pour jeter un oeil à ma PàL initiale, je vous invite à cliquer ici !

Tout début octobre, j’ai lu deux BDs que nous avions sélectionnées pour notre club de lecture Comic Whales avec Sita : le comic Wytches, de Scott Snyder, Jock et Matt Hollingsworth (la BD gagnante), ainsi que le manga La dame de la chambre close, de Minetaro Mochizuki. Le reste des livres provient de ma PàL originale.

Wytches, Scott Snyder, Jock et Matt Hollingsworth, ★★★☆☆
Wytches raconte l’histoire de la famille Rooks, qui déménage à proximité d’une forêt après que leur fille Sailor aie été victime de harcèlement dans son lycée. Ils vont rapidement se rendre compte que l’endroit, loin d’être paisible, est habité par les fameuses Wytches, sortes de créatures avides de chair fraîche. Dès lors, la famille Rooks devra se confronter aux pires horreurs de la nature humaine… Et si les monstres n’étaient pas vraiment ceux qu’on croie ?
Je l’avoue, j’étais un peu sceptique à l’idée de lire cette BD. C’était celle qui me tentait le moins de notre sélection, déjà parce que c’était un comic, qui est un genre que je n’aime pas particulièrement, mais surtout parce que je trouvais les dessins peu attirants. Par contre l’histoire me plaisait, et j’ai quitté ma zone de confort pour plonger dans une histoire angoissante et très bien rythmée. J’ai été très agréablement surprise. Les personnages sont attachants, l’horreur est bien distillée (ça ressemble beaucoup au Projet Blair Witch, rapport à la forêt hantée, toussa toussa), et la morale est très bien amenée. Point bonus : on y parle crises d’angoisses et dépassement de soi, une réflexion que je ne m’attendais pas à trouver dans une œuvre comme celle-ci et qui, je dois dire, m’a beaucoup touchée. L’édition comporte quelques pages à la fin où les auteurs reviennent sur la genèse de la BD, leurs inspirations, etc. et c’est très intéressant, je vous conseille de les lire également si vous avez le livre entre vos mains ! Seul petit point négatif : j’ai trouvé les dessins très brouillons et certaines pages construites bizarrement ce qui m’a un peu gênée pour suivre l’action. Sinon, c’était chouette !

La dame de la chambre close, Minetaro Mochizuki, ★★★☆☆
Ce manga était sans doute la BD qui me faisait le plus de l’œil dans notre sélection d’Octobre, j’ai donc été ravie de pouvoir le trouver en bibliothèque ! Dans La dame de la chambre close, nous faisons la connaissance d’Hiroshi, un jeune lycéen dont la vie monotone va basculer un soir, lorsqu’il entend une personne frapper obstinément à la porte de son voisin en pleine nuit. Loin d’imaginer l’horreur qui va dès lors le poursuivre, il décide de sortir pour faire cesser le boucan et tombe nez-à-nez avec une grande dame aux longs cheveux noirs vêtue d’un imperméable. C’est alors que le cauchemar commence, car elle sait désormais où Hiroshi habite, et elle semble bien décidé à le harceler à son tour…
La dame de la chambre close est un manga qui se lit vite, d’une traite, car il est complètement addictif. Dès le début, on a envie de savoir qui est cette dame, et pourquoi elle harcèle Hiroshi comme ça, allant jusqu’à se rendre chez lui quand il est en cours. C’est une BD flippante comme seuls les japonais savent le faire, avec une montée dans l’horreur progressive, et de petits frissons qui parcourent l’échine au fur et à mesure que les pages se tournent. Le style de dessin convient parfaitement à l’histoire, et il y a fort à parier que cette dame mystérieuse vous fasse cauchemarder ! Alors attention à qui vous ouvrez votre porte… Ce fut une lecture agréable, mais pas inoubliable non plus.

Nous avons toujours vécu au château, Shirley Jackson, ★☆☆☆☆
Nous y voilà, ma seule déception de ce chouette mois de lectures… De Jackson, je n’avais rien lu avant, si ce n’est la BD adaptée de sa nouvelle La Loterie, que j’avais trouvé très très brouillon et très très prévisible. Néanmoins, elle est souvent considérée comme une maîtresse de la tension et de l’horreur, et j’avais entendu beaucoup de bien de ce livre (qui est son plus connu), j’ai donc décidé de me plonger dedans. Nous avons toujours vécu au château raconte l’histoire de Mary Katherine Blackwood, surnommée Merricat, qui vit recluse avec sa grande soeur Constance et son oncle handicapé Julian dans un manoir. Quelques années plus tôt, leur famille est morte empoisonnée pendant leur repas, meurtre qui a été imputé à Constance, mais cette dernière a été relâchée faute de preuve. Haïs par les habitants du village où ils se trouvent, les trois personnages se sont enfermés dans une routine rassurante et tentent, tant bien que mal, de continuer à vivre. C’est sans compter l’arrivée d’un cousin éloigné qui va faire voler en éclat le fragile équilibre de la maison…
Ce livre m’est complètement tombé des mains. Je me suis forcée à finir parce qu’il était relativement court et que je n’aime pas abandonner, mais j’ai du y mettre du mien… Nous avons toujours vécu au château est un de ces livres qu’on a envie de terminer pour savoir ce qu’il s’est réellement passé. Le problème, c’est que c’est ça, et seulement ça, qui m’a donné envie d’aller au bout. Ni les personnages, ni l’histoire réellement en elle-même, ni même le déroulé des évènements. Juste l’envie de savoir le fin mot de l’histoire, et c’est bien trop léger. Peut être que j’en attendais trop, mais j’ai trouvé ce livre désespérément creux et répétitif. Même les éléments qui devraient apporter de l’action tombent totalement à plat, et pour tout vous dire, je ne me souviens que très vaguement de la fin, c’est dire si ça m’a marqué… Dommage, parce que le début m’avait bien happée et je trouvais la plume de Jackson agréable.

Dragon Head, doubles tomes 1 et 2, Minetaro Mochizuki, ★★★★☆
Ce nom vous dit quelque chose ? C’est normal, c’est le même auteur que La dame de la chambre close ;) La première fois que j’ai vu la couverture des doubles tomes de Dragon Head, c’était à ma bibliothèque. J’avais été attirée par ces grand formats dont le jaune citron contrastait avec le dessin en noir et blanc d’un jeune homme sale à l’air terrifié. J’ai fini par les emprunter après un moment d’hésitation, et je ne regrette pas ! Teru est un jeune collégien qui rentre d’un voyage scolaire avec sa classe quand soudain, un tunnel s’effondre sur leur train, qui déraille. Quand le jeune homme reprend connaissance, il se trouve parmi les cadavres de ses camarades et il comprend bien vite qu’il est enfermé sous terre, car les deux extrémités du tunnel se trouvent sous un éboulement. Il n’est cependant pas le seul survivant : Nobuo, un bouc émissaire ravi que ses tortionnaires aient péri dans l’accident et Ako, une jeune fille timide, viennent rapidement le rejoindre. Commence alors pour le trio une lutte désespérée pour leur survie. Qu’advient-il de l’être humain quand il perd tous ses repères ?
J’avais longuement hésité à me plonger dans cette histoire par peur… d’avoir peur. Et puis finalement je me suis dit que j’allais essayer, et j’ai bien fait. Dans Dragon Head, il n’y a pas vraiment de monstre. C’est l’humain et sa folie qui est au centre de tout, et j’ai trouvé très intéressant la manière dont chacun des trois adolescents se comporte dans ce huit-clos qui devient bien vite étouffant. L’histoire est très bien rythmée et les pages se tournent à un rythme affolant. Je me souviens avoir pensé que j’avais l’impression de regarder un film tellement le découpage des planches est fluide. Les dessins sont superbes et laissent une belle part aux décors, très travaillés. J’ai cependant quelques réserves. Déjà, Ako, le personnage féminin, sert malheureusement de faire-valoir. Elle se repose entièrement sur les garçons (au début, elle criera à Teru de « faire quelque chose pour les sortir de là ») et est incapable de se défendre seule. Pire, dans les deux tomes elle subit des agressions sexuelles et est présentée comme un personnage faible (elle est notamment narcoleptique et s’endort souvent à des endroits improbables ce qui la rend vulnérable). Petit trigger warning sur cette partie donc. De plus, si j’ai adoré le tome 1, j’ai légèrement moins apprécié le tome 2, surtout parce que, sans spoiler, il n’y a plus de huit-clos et l’histoire prend une tournure plus SF. J’attends de voir où l’histoire mène, mais c’est en tout cas une chouette découverte. J’ai les doubles tomes 3 et 4 sous la main et j’ai hâte de continuer !

Et vous, vous avez fait de chouettes lectures en ce mois d’Octobre ?

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1 Comment

  • Reply Malex 10 novembre 2017 at 10 05 22 111711

    Comme toi je n’ai pas accroché tant que ça aux dessins de Wytches, même si a posteriori avec les explications de la fin du livre je trouve le concept de surimpression vraiment intéressant. Ce qui est sûr c’est que c’était bien glauque, assez prenant et cela m’a également sortie de ma zone de confort ! Merci Comic Whales pour la découverte <3
    Je suis intriguée par Dragon Head, les histoires où la nature humaine représente le plus grand danger me fascinent et m'horrifient à la fois. Si je tombe dessus en bibli je prendrai surement le temps d'y jeter un œil !

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