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De la « difficulté » d’exercer un métier créatif

30 juillet 2017

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez peut être vu passer une annonce qui m’excite autant qu’elle me terrifie : je commence à faire les démarches pour devenir graphiste / illustratrice freelance. Cette activité viendra se rajouter de manière ponctuelle à une année d’alternance, que je commence normalement en septembre prochain, histoire de transiter en douceur vers le monde du travail. C’est l’occasion pour moi de vous écrire un (petit) billet (brouillon) sur mes ressentis par rapport à mon métier, notamment sur les côtés qui me semblent difficiles. Inutile de préciser qu’il s’agit de mes impressions personnelles et que je ne prétends absolument pas parler au nom de tous les créatifs ;) J’adore mon métier, et cet article n’a pas d’autre but que de vous partager les difficultés que j’ai pu rencontrer jusque-là.

En juin 2017, j’ai commencé à chercher une alternance, mais aussi à regarder les contrats en CDD et en CDI, parce que je n’étais pas sûre de vouloir continuer mes études. J’ai même envisagé de me lancer directement en freelance à plein temps, mais je ne m’en sentais pas capable. Ce statut a beaucoup d’avantages, mais il a aussi son lot d’inconvénients, et je ne pensais pas avoir le caractère pour. Sauf qu’une fois devant les annonces, catastrophe : j’ai eu l’impression de ne plus rien savoir faire, et d’être incapable de répondre aux missions demandées, pourtant basiques pour un graphiste. Je me suis sentie vraiment bête. Et si je n’étais pas faite pour ce métier ? Et si je n’étais pas créative ? Et si j’avais trompé tous mes professeurs pendant mes années d’études et que, malgré mon bac +5 dans la profession et mon diplôme avec mention, j’étais inutile et incapable d’exercer réellement en tant que graphiste ? Bref, j’ai réveillé mon bon gros syndrome de l’imposteur, qui pendait au dessus de ma tête comme une épée de Damoclès depuis le début de mes études (concrètement, c’est la petite voix qui va te dire d’ignorer toutes les critiques positives et les félicitations, parce qu’après tout, ton travail est probablement nul, et qui va te dire de te concentrer sur chaque détail qui ne convient pas).

Ce syndrome va de pair avec la plus grande peur des artistes : la page blanche (*insert dramatic music here*). La peur de ne pas avoir d’idées, de tourner en rond, de n’arriver à rien, bref de se décevoir ou de décevoir le client. Être graphiste, c’est être créatif. Si la créativité s’en va, le métier devient beaucoup plus difficile à exercer. Et vous n’êtes sans doute pas sans savoir que la créativité, ça fluctue, et donc que ça doit s’entretenir. Pour ma part, il me suffit d’une baisse de moral, d’un temps trop long enfermée sans sortir la tête du boulot pour qu’elle disparaisse. Et le cercle vicieux s’installe : je ne me sens pas créative, donc j’ai un petit moral, donc je ne suis pas créative. Et ainsi de suite. J’ai besoin de sortir, de voir des expos, des films, de chercher de l’inspiration sur des sites dédiés, sauf que paradoxalement mes études m’ont très peu permis de faire tout ça, surtout ma dernière année, parce que je croulais sous le boulot. Et à chaque projet, tout recommence : vais-je réussir à répondre à la demande ? Vais-je comprendre ce que veut le client ? Et si je n’avais aucune idée ? ET SI JE N’AVAIS PLUS JAMAIS D’IDÉES ??? (non, je ne dramatise pas, je ne vois pas de quoi vous parlez…). Alors bien sûr, je parle ici de mes peurs, mais une page blanche, ça peut aussi être merveilleux, parce que tout reste à faire, et que, par conséquent, tout est possible. C’est un des côtés très chouette du métier.

Et puis, bien sûr, il y a l’inspiration. Aller chercher des références graphiques sur des sites et dans des magazines, se tenir au courant de ce qui se fait chaque jour en matière de design, cela s’appelle faire de la « veille » dans le jargon, et ça fait partie intégrante du processus créatif. Ça fait des années que je me rends sur Pinterest ou sur Behance avant de démarrer chaque projet pour trouver un peu d’inspiration, et je suis toujours interpellée par la finesse de la frontière entre la notion d’inspiration et celle de plagiat. Si dans certains cas, le plagiat peut être évident (recopier une photo telle quelle, garder un même logo mais changer le nom, etc.) mais c’est parfois un peu plus compliqué. Deux artistes peuvent avoir à peu de choses près la même idée de logo par exemple, sans jamais être tombé sur l’œuvre de l’autre. Un apprenti illustrateur va probablement démarrer en recopiant pour lui certains dessins d’autres artistes, et il va piquer des techniques d’illustration ici et là avant de trouver son propre style… et d’inspirer lui-même d’autres personnes. Pour ma part, j’aime bien me rendre sur le tumblr de Yohan quand je suis en panne d’inspiration.

Voilà pour ce petit article, il est très brouillon et ne possède pas vraiment de fin, ou de morale. J’ai juste tenté de mettre à plat mes ressentis. Je le mettrais peut être à jour petit à petit. J’espère qu’il vous a plu, n’hésitez pas si vous avez des questions, les commentaires sont ouverts !

 

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1 Comment

  • Reply Michaël 1 août 2017 at 10 06 22 08568

    Hello Louise ! Merci pour cet article fort intéressant ! Ça me fait penser au paradoxe qu’en voulant absolument bien faire, on se met une pression qui nous empêche justement de bien faire ! ^^ J’aime bien l’idée que si on fait quelque chose avec notre coeur et l’envie de découvrir, s’amuser, progresser, comme les enfants le font si bien (ça devrait être nos modèles de sagesse !), on ne peut qu’être légitime dans ce qu’on fait :)

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